Alberto Guzmàn (1927-2017)

Alors que l’œuvre sculptée de métal et de marbre d’Alberto Guzmàn est reconnue, son œuvre peinte reste à découvrir. Il ne s’agit pas de dessins préparatoires qui permettent habituellement au sculpteur d’élaborer une œuvre à venir, mais d’une production autonome, créée pour elle-même. Alberto Guzmàn a dessiné et peint tout au long de sa vie et le choix de l’encre peut se comprendre aisément. Alors que le travail de sculpture en taille directe ou en assemblage par soudure s’élabore dans le temps long ; Guzmàn pouvait grâce à l’encre exprimer par des gestes rapides, toute sa spontanéité.

On retrouve l’imaginaire, les formes et le vocabulaire géométrique cher au sculpteur : le disque, la sphère entière ou décomposée, fragmentaire, partiellement occultée ou répétée. Mais également, les stries, les hachures, les fentes, les accumulations.

Même si l’encre est le médium privilégié, Guzmàn, a également employé de façon parcimonieuse des couleurs pour rehausser ses lavis. L’usage du café, plus étonnant est utilisé à grands aplats et constitue des fonds.

Guzmàn était très curieux et connaisseur des cultures extra-européennes, il avait un intérêt particulier pour la peinture asiatique à l’encre. Il broyait son encre sur des pierres à encre chinoises et utilisait des cachets gravés pour apposer son monogramme au cinabre. Dès la fin des années 1980, Alberto a été invité en Corée du Sud pour réaliser des commandes publiques monumentales (deux œuvres pour le Moran Open Air Museum de Séoul et une pour le Parc Olympique de Séoul). Il gardera un lien et un attachement pour cette culture.

Deux de ses dessins sont conservés au Louvre, l’œuvre sculptée est présente à la fondation Peggy Guggenheim de Venise, au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, à la National Gallery d’Oslo, au Lowe Museum de Miami et dans de nombreux musées d’Amérique latine. Des œuvres publiques ont aussi été réalisées en France, en Corée, en Norvège, au Pérou, aux Etats-Unis…